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Temoin de son temps.
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Compte-rendu commenté de la conférence de presse Pau-langevin /Peillon. Empty Compte-rendu commenté de la conférence de presse Pau-langevin /Peillon.

par Temoin de son temps. Jeu 29 Aoû 2013 - 18:02
Chers collègues,

À toutes celles et ceux qui n'auraient pas pu suivre l'intervention, ce matin, de nos deux ministres de tutelle, je vous adresse ce compte-rendu détaillé et commenté et le soumets à votre sagacité.

M.Peillon s'est exprimé le premier. Il a présenté cette rentrée comme étant la "rentrée de la refondation": c'est en effet la première qui s'appuie sur des décisions et réformes lancées par le gouvernement Ayrault.
Tout au long de son allocution, le ministre insistera sur le fait que l'action qu'il mène s'inscrit dans le long terme, répondant ainsi à l'impatience caractéristique du monde enseignant, en matière de changement et de refondation de notre institution. Quant à celles et ceux qui pourraient affirmer que  ce changement se fait toujours attendre, M.Peillon a avancé les mesures concrètes suivantes, déjà engagées au cours de l'année scolaire achevée:

-les créations de postes: elles ont largement compensé les profondes diminutions d'effectifs du précédent gouvernement. Elles sont aussi bénéfiques, en limitant le nombre de classes dépourvues d'enseignant
- la scolarisation des moins de 3 ans
- la mise en place du conseil: école/collège, qui commence à fonctionner cette année
- des activités pédagogiques complémentaires (sur lesquelles il ne s'est pas étendu)
- des contrats pour aider les directeurs d'école
- une indemnité pour les professeurs du primaire

Et le ministre de conclure: "Voilà le changement!"
Il s'est alors attaqué aux réformes à venir, et a commencé par celle qui a fait le plus parler d'elle: les rythmes scolaires.
La semaine de neuf demi-journées va être mise en place. M.Peillon parle à ce sujet d'une "révolution douce", ainsi que d'un "meilleur temps scolaire": la semaine de classe ainsi organisée sera bénéfique aux apprentissages. Cette réforme permettra en outre un développement d'activités péri-scolaires gratuites, le tout contribuant à diminuer le temps de classe, pour une "offre éducative" plus élevée. Enfin, cette nouvelle organisation a pour but avoué la lutte contre les inégalités: les moyens engagés l'étant en priorité dans les territoires défavorisés.

En ce qui concerne le secondaire, notre ministre a voulu d'emblée dissiper ce qu'il a appelé "un malentendu". En effet, ce maillon du système éducatif, central et souffrant de nombreux dysfonctionnements, serait peu considéré dans la politique scolaire engagée. Ce n'est pas vrai, nous a fait comprendre M.Peillon, qui nous a alors présenté les évolutions suivantes:

- comme dans le primaire, la création de postes a eu des effets bénéfiques: "ça se passe mieux", assure le ministre.
- la formation des enseignants: c'est la création des espe, Ecole Supérieure du Professorat et de l'Education (je ne suis pas sûr de bien déchiffrer les initiales)
- la réorganisation des concours de recrutement: remise en place de l'année de stage, professionnalisation et mise en situation dès l'année de préparation du concours.

Il s'est alors attardé, à juste titre, sur l'espe. Cette institution, qui ne sera "ni les anciennes écoles normales, ni les récents iufm", constituera une structure nouvelle. En quel sens? C'est une école délibérément professionnalisante qui mettra en place des modules répondant aux enjeux suivants:

- comment gérer une situation de crise?
-comment transmettre les valeurs républicaines?
- comment utiliser le numérique?
-comment travailler en équipe?

Honnêtement, je ne vois pas, dans ces problématiques, celles qui n'étaient pas déjà traitées dans les modules d'iufm: vous me direz votre avis.
Anticipant la critique récurrente d'une formation bien trop théorique et éloignée des réalités quotidiennes du métier, M.Peillon a assuré que ces enseignements seront dispensés par des "praticiens", et non des experts ou des chercheurs: nous verrons bien.

Ensuite, le ministre a évoqué l'ouverture de l'école à un grand nombre d'acteurs sociaux: il s'agit notamment d'ouvrir l'institution aux entreprises afin de sensibiliser les élèves à son univers. D'une façon plus générale, notre ministre souhaite que nos élèves soient davantage conscient des perspectives concrètes d'avenir, et des possibilités offertes par le monde du travail.
Abordant la mise en place de nouveaux services au sein de l'école, M.Peillon a évoqué le numérique: le mot a d'ailleurs été prononcé un grand nombre de fois au cours de son intervention, à propos de la formation des enseignants, de leur pratique du métier, comme des nouveaux supports pédagogiques.

Il a alors rendu un hommage à sa collaboratrice, Mme Pau-Langevin, avant d'envisager l'accueil des élèves en situation de handicap.
10 000 postes ont été créés, et les titulaires de ces postes seront "cdisés", ce qui ne veut pas dire qu'ils deviendront documentalistes, mais verront leur contrat mué en CDI (ahah...)

Là, il a abordé un point crucial, mais qui, à mon très grand regret, n'a pas eu les développements mérités: l'orientation. Notre ministre a dit qu'elle serait "transformée". Et c'est tout..Est-ce que l'une ou l'un d'entre vous a entendu autre chose?

Vinrent alors deux points essentiels, qui sont à vrai dire ceux qui nous affectent le plus: le climat scolaire et le respect des valeurs chez nos élèves. En ce qui concerne le climat scolaire, il a salué la nomination, dès l'année passée, d'auxiliaires de prévention. Il a également évoqué la création d'une délégation, ainsi qu'une campagne de lutte contre les discriminations, achevant ce survol du problème par le constat suivant: "il y a moins de troubles". Je ne vous cache pas ma perplexité...

À propos des valeurs, il a invoqué l'article 1 de notre Constitution qui dit que notre République est "sociale", "démocratique" et "laïque". Cette dernière notion étant un de ses chevaux de bataille, il a déclaré voir en elle "un instrument pour réunir tous les enfants de France". L'ensemble des considérations du ministre, sur ce point, a pris la forme d'un discours philosophique très général, trop général, auquel nous ne pouvons bien entendu rien objecter, mais qui ne fait pas avancer les choses. "Emanciper, réunir, respecter": c'est sur cette belle triade que M.Peillon a conclu sa conception du rôle de la laïcité dans les écoles. Belle formule, mais je ne peux m'empêcher de poser la question que vous avez toutes et tous aux lèvres: concrètement, on fait comment pour inculquer ces belles valeurs à nos élèves?

Arrive alors la conclusion. Quels sont les grands chantiers à mettre en place?

- l'éducation prioritaire
- le collège (je ne lui fais pas dire...)
- les programmes: l'ensemble de ces derniers sera revu, dans la plus grande clarté et la plus complète transparence (il a insisté sur ce point), l'actuel ministère ayant à coeur de répondre au mieux à l'enjeu suivant: "Que voulons-nous enseigner?"

Et M.Peillon de nous saluer, et de se féliciter que "l'apaisement et la confiance" soient retrouvées. L'allusion au climat de défiance et de mépris du ministère précédent est évidente.

C'est Madame Pau-Langevin qui a ensuite pris la parole. Elle a d'abord évoqué le cas des élèves handicapés et allophones. À ce sujet, elle a salué la loi votée "de refondation de l'école", qui affirme le projet de construire une école inclusive, autrement dit une école qui accueille tous les élèves dans les meilleures conditions. Elle a affirmé son souhait de bâtir une école qui réduise les inégalités sociales et territoriales: ainsi, la loi Ciotti a notamment été abrogée.

Elle a alors envisagé la lutte contre l'absentéisme. Elle a insisté sur la complexité du phénomène de l'absentéisme, et a affirmé le devoir, incombant à l'école, d'identifier les causes diverses de l'absentéisme. J'avoue que l'ensemble de son discours m'a paru relever d'une démarche "psychologisante", très à l'écoute de l'élève, qui personnellement m'irrite un peu: "faire en sorte que nos enfants se sentent mieux à l'école", "que les enfants s'y sentent bien", dit la ministre. Très honnêtement, j'enseigne aussi bien en collège qu'en lycée, et je ne trouve pas  que nos élèves se sentent particulièrement mal à l'école; ils s'y sentent même peut-être un peu trop bien à mon avis... Là encore, j'attends vos remarques.

Abordant le problème du décrochage scolaire, la ministre a dit des choses qui m'ont affolé. Elle a dit que les parents et les enfants auront le dernier mot pour l'orientation. Il faut prendre en compte leur avis, et "que leurs paroles soient entendues". Je souhaitais avoir mal entendu... mais c'est bien ce qui a été dit: ne sommes-nous pas d'accord sur le fait que l'implication croissante des parents dans les décisions scolaires nuit bien plus au parcours des élèves, et à notre capacité de décision,  qu'elle ne leur est profitable? Et l'on va donc renforcer cette disposition? Chers collègues, exprimez-vous sur ce point, je m'inquiète... Rassurez-moi!

Heureusement, notre ministre a ensuite soulevé le sujet de l'"innovation": là, je dois dire que j'ai trouvé le projet encourageant. Un conseil national de l'innovation et un observatoire de la réussite éducative vont être créés. Le but: faire connaître tout ce qui se fait de bien, en termes de pratiques éducatives, mettre en réseaux les différents acteurs de notre institution, permettre ainsi à chacun de prendre connaissance de ce qui pourrait enrichir sa pratique du métier.

La ministre a conclu sur le point précédent qui m'avait énervé: l'importance de donner la parole aux lycéens, qui "ont besoin d'être entendus", les jeunes devant comprendre qu'ils ont "une place à prendre" dans notre société. Evoquant la commémoration du discours de Martin Luther King, elle a répété le devoir profond de l'école de contribuer à la création d'une société inclusive, notamment pour les jeunes des banlieues.

Chers collègues: à vos remarques, commentaires, critiques, exaspérations, enthousiasmes, sarcasmes...!
John
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Médiateur

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par John Jeu 29 Aoû 2013 - 18:09
Merci pour ce compte rendu ! Smile

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par Olympias Jeu 29 Aoû 2013 - 19:00
Temoin de son temps. a écrit:Vinrent alors deux points essentiels, qui sont à vrai dire ceux qui nous affectent le plus: le climat scolaire et le respect des valeurs chez nos élèves. En ce qui concerne le climat scolaire, il a salué la nomination, dès l'année passée, d'auxiliaires de prévention. Il a également évoqué la création d'une délégation, ainsi qu'une campagne de lutte contre les discriminations, achevant ce survol du problème par le constat suivant: "il y a moins de troubles". Je ne vous cache pas ma perplexité...

À propos des valeurs, il a invoqué l'article 1 de notre Constitution qui dit que notre République est "sociale", "démocratique" et "laïque". Cette dernière notion étant un de ses chevaux de bataille, il a déclaré voir en elle "un instrument pour réunir tous les enfants de France". L'ensemble des considérations du ministre, sur ce point, a pris la forme d'un discours philosophique très général, trop général, auquel nous ne pouvons bien entendu rien objecter, mais qui ne fait pas avancer les choses. "Emanciper, réunir, respecter": c'est sur cette belle triade que M.Peillon a conclu sa conception du rôle de la laïcité dans les écoles. Belle formule, mais je ne peux m'empêcher de poser la question que vous avez toutes et tous aux lèvres: concrètement, on fait comment pour inculquer ces belles valeurs à nos élèves?

Arrive alors la conclusion. Quels sont les grands chantiers à mettre en place?

- l'éducation prioritaire
- le collège (je ne lui fais pas dire...)
- les programmes: l'ensemble de ces derniers sera revu, dans la plus grande clarté et la plus complète transparence (il a insisté sur ce point), l'actuel ministère ayant à coeur de répondre au mieux à l'enjeu suivant: "Que voulons-nous enseigner?"

Et M.Peillon de nous saluer, et de se féliciter que "l'apaisement et la confiance" soient retrouvées. L'allusion au climat de défiance et de mépris du ministère précédent est évidente.

C'est Madame Pau-Langevin qui a ensuite pris la parole. Elle a d'abord évoqué le cas des élèves handicapés et allophones. À ce sujet, elle a salué la loi votée "de refondation de l'école", qui affirme le projet de construire une école inclusive, autrement dit une école qui accueille tous les élèves dans les meilleures conditions. Elle a affirmé son souhait de bâtir une école qui réduise les inégalités sociales et territoriales: ainsi, la loi Ciotti a notamment été abrogée.

Elle a alors envisagé la lutte contre l'absentéisme. Elle a insisté sur la complexité du phénomène de l'absentéisme, et a affirmé le devoir, incombant à l'école, d'identifier les causes diverses de l'absentéisme. J'avoue que l'ensemble de son discours m'a paru relever d'une démarche "psychologisante", très à l'écoute de l'élève, qui personnellement m'irrite un peu: "faire en sorte que nos enfants se sentent mieux à l'école", "que les enfants s'y sentent bien", dit la ministre. Très honnêtement, j'enseigne aussi bien en collège qu'en lycée, et je ne trouve pas  que nos élèves se sentent particulièrement mal à l'école; ils s'y sentent même peut-être un peu trop bien à mon avis... Là encore, j'attends vos remarques.

Abordant le problème du décrochage scolaire, la ministre a dit des choses qui m'ont affolé. Elle a dit que les parents et les enfants auront le dernier mot pour l'orientation. Il faut prendre en compte leur avis, et "que leurs paroles soient entendues". Je souhaitais avoir mal entendu... mais c'est bien ce qui a été dit: ne sommes-nous pas d'accord sur le fait que l'implication croissante des parents dans les décisions scolaires nuit bien plus au parcours des élèves, et à notre capacité de décision,  qu'elle ne leur est profitable? Et l'on va donc renforcer cette disposition? Chers collègues, exprimez-vous sur ce point, je m'inquiète... Rassurez-moi!

La ministre a conclu sur le point précédent qui m'avait énervé: l'importance de donner la parole aux lycéens, qui "ont besoin d'être entendus", les jeunes devant comprendre qu'ils ont "une place à prendre" dans notre société. Evoquant la commémoration du discours de Martin Luther King, elle a répété le devoir profond de l'école de contribuer à la création d'une société inclusive, notamment pour les jeunes des banlieues.

Chers collègues: à vos remarques, commentaires, critiques, exaspérations, enthousiasmes, sarcasmes...!
Merci pour ce compte-rendu ! George Paul Langevin plane doucement, sautant d'astéroïde en astéroïde et ne voyant de l'école que l'image un peu nunuche qu'elle en a...mais tant qu'elle se contente d'inaugurer et d'envisager les observatoires machin et bidule...Après, elle n'oublie pas de débiter des âneries...
Pour l'orientation, c'est n'importe quoi...elle oublie que les parents décident en fin de première (et sont donc responsables de l'échec de Kévinou au bac...) et aussi en fin de seconde, via les commissions d'appel (je parle pour le lycée). Le redoublement est un truc nuisible qu'il faut éradiquer très vite...ça coûte des sous et puis, Kévinou est stigmatisé, tu comprends, le pauvre chéri n'a rien fichu en seconde mais cépasafote....(la nôtre, si...on n'a pas su le faire progresser...:diable: )

Après, le climat de défiance qui disparaît....Je suis comme Saint Thomas, le jour où je verrai des actes concrets du MEN pour respecter les profs, je le croirai
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